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VELI : le chaînon manquant de notre politique de mobilité ?

Entre la voiture traditionnelle et le vélo, une nouvelle famille de véhicules commence à se faire une place : les véhicules légers intermédiaires, ou VELI. Plus compacts, plus légers et généralement moins énergivores qu'une voiture classique, ils ouvrent des perspectives intéressantes pour les déplacements quotidiens, mais aussi pour les missions professionnelles et les services de proximité.

Le 5 novembre 2026, la Cellule Mobilité d’AKT consacrait dans son cycle « 60’ pour la mobilité », un webinaire à ces véhicules encore relativement méconnus. Pour explorer leur potentiel, leurs avantages et leurs limites, elle a fait appel à Damien Deroanne, formateur et consultant dans le secteur automobile, mais aussi expert sur la question. Daniele Dosi, conseiller au CPAS de Woluwe-Saint-Pierre a, quant à lui, témoigné d’une expérience concrète d’utilisation de ces petits véhicules pour les missions du CPAS.

Entre le vélo et la voiture : une autre manière de se déplacer

Les VELI ne constituent pas une catégorie réglementaire unique, mais désignent une famille de véhicules qui se situent, par leurs caractéristiques et leurs usages, entre les mobilités légères et l'automobile traditionnelle. On y retrouve notamment des véhicules à trois ou quatre roues, ouverts ou fermés, pouvant transporter une ou plusieurs personnes et parfois du matériel. Certains sont limités à 25 ou 45 km/h, tandis que d'autres peuvent atteindre des vitesses plus élevées. Leur point commun ? Proposer un véhicule dimensionné au plus près des besoins réels de déplacement. Car avons-nous toujours besoin d'une voiture d'une ou deux tonnes pour transporter une seule personne sur quelques kilomètres ?

Par rapport aux véhicules de plus en plus volumineux, les VELI proposent une autre approche : moins de masse, moins d’encombrement et une consommation d’énergie réduite.

Des avantages économiques et environnementaux

En effet, l'un des principaux atouts des VELI réside dans leur sobriété énergétique. Damien Deroanne annonce de 5 à 8 kWh/100 km pour certains modèles électriques, contre 15 à 18 kWh/100 km pour une petite voiture électrique.

Cette différence se traduit par des coûts d'utilisation potentiellement plus faibles, mais également par une empreinte environnementale réduite puisque pour sa fabrication, le VELI nécessite moins de matériaux, une batterie de plus petite capacité et moins d'énergie pour se déplacer.

L'intérêt économique ne se limite toutefois pas à la consommation. Il faut aussi tenir compte du prix d'achat, d’une fiscalité et d’une assurance avantageuses et d’un entretien moindre. Sur le plan environnemental, le bénéfice est particulièrement intéressant lorsqu'un VELI remplace des kilomètres qui auraient été parcourus en voiture traditionnelle.

Et la sécurité ?

Tous les VELI n'offrent pas le même niveau de protection. Leur conception, leur structure, leurs équipements de sécurité passive et active, mais aussi leur vitesse maximale peuvent varier considérablement. Le choix d'un véhicule doit donc tenir compte des conditions dans lesquelles il sera utilisé : circulation urbaine, routes secondaires, vitesses pratiquées, type de trafic et profil des conducteurs. Un VELI limité à 45 km/h, par exemple, ne sera pas adapté à tous les itinéraires. Il est donc essentiel de vérifier la compatibilité entre le véhicule, les trajets envisagés et les exigences de sécurité.

Des perspectives concrètes pour les entreprises et les services de proximité

Au-delà des déplacements privés, les VELI présentent un potentiel intéressant pour de nombreux usages professionnels. On peut notamment penser aux déplacements de service entre plusieurs implantations, aux interventions techniques de proximité, aux visites à domicile, aux services communaux ou encore aux petites livraisons. Certains modèles peuvent d’ailleurs être équipés d'espaces de chargement ou d'aménagements spécifiques, ce qui élargit leurs possibilités d'utilisation.

Pour une entreprise ou une organisation, les VELI peuvent ainsi constituer une alternative à une voiture de service classique lorsque les missions impliquent principalement de courtes distances, peu de passagers et des charges limitées.

Comment savoir si un VELI répond à ses besoins ?

Damien Deroanne a insisté sur l'importance de partir des usages plutôt que du véhicule lui-même.

Avant d'envisager l’acquisition d’un VELI, Damien Deroanne invite à se poser plusieurs questions :

  • Quelles distances sont réellement parcourues ?
  • Quels itinéraires sont empruntés et à quelles vitesses ?
  • Combien de personnes faut-il transporter ?
  • Quel matériel ou quelles marchandises doivent être embarqués ?
  • Quelles sont les possibilités de stationnement et de recharge ?

Ces questions permettent d'identifier les missions pour lesquelles un VELI peut constituer une solution pertinente et celles qui nécessitent un autre type de véhicule.

Pour les gestionnaires de flotte et les Mobility Managers, cette réflexion s'inscrit pleinement dans une démarche d'optimisation du parc automobile et de diversification des solutions de mobilité.

Témoignage : les 5 Citroën AMI du CPAS de Woluwe-Saint-Pierre

Comme l’a expliqué Daniele Dosi, conseiller au CPAS de Woluwe-Saint-Pierre, 5 Citroën AMI sont en service depuis juillet 2024, dans le cadre d’un leasing de 5 ans. 2 véhicules sont utilisés par les assistants sociaux et les trois autres par les aides familiales.

La mise à disposition de ces véhicules réponds à plusieurs objectifs :

  • Faciliter les déplacements professionnels en milieu urbain : les 5 AMI répondent parfaitement aux besoins en déplacements courts et réguliers des assistants sociaux et des aides familiales.
  • Permettre aux membres du personnel qui n’ont pas de permis de conduire de bénéficier d’une solution de mobilité adaptée.
  • Améliorer l’efficacité des services.
  • Réduire progressivement l’impact environnemental des services du CPAS puisque les VELI sont électriques
  • Garantir une saine gestion budgétaire : le leasing de 25.000 € TVAC des 5 AMI est une dépense identifiable et intégrable dans la planification budgétaire du CPAS.

L’option du leasing a aussi permis au CPAS de s’orienter vers un test de 5 ans sans devoir investir dans l’installation de bornes de recharge puisque le AMI se rechargent avec une simple prise électrique.

Conclusion :

Les VELI ne remplacent ni les modes actifs, ni les transports collectifs, ni les véhicules automobiles lorsqu'ils restent nécessaires. Mais pour les entreprises, les collectivités et les organisations qui souhaitent réduire l'impact environnemental de leurs déplacements tout en maîtrisant leurs coûts, les VELI méritent assurément d'être examinés comme une solution complémentaire.

Revoir le webinaire sur les VELI

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